DGDI : vers le démantèlement d’un grand réseau de corruption au Gabon

0
337

Un vaste réseau de corruption pourrait être bientôt démantelé au Gabon. C’est ce qu’a récemment annoncé la Direction générale de la documentation et de l’immigration (DGDI). Selon les Services de l’institution, ledit réseau serait constitué de plusieurs magistrats et greffiers du Parquet de Libreville. Le cerveau du réseau serait une dame du nom d’Alphonsine Ndembi Tchetchenigbo. Cette dernière se fait passer pour un « conseiller spécial du président de la République, Ali Bongo Ondimba, en service auprès du coordonnateur général des affaires présidentielles, Noureddin Bongo Valentin ». Un poste qu’elle n’occupe pas en réalité.

Les agents de la DGDI ont perquisitionné le domicile et le magasin de l’intéressée à Libreville il y a quelques jours. L’objectif était de recueillir des informations pouvant vérifier leurs doutes. Certaines sources proches de la DGDI indiquent que cette perquisition a été fructueuse. Elle a permis aux enquêteurs de mettre la main sur de « nombreuses preuves matérielles ». Des documents compromettants y ont été retrouvés. Parmi eux, se trouvent des documents relatifs à des affaires en cours de règlement devant la justice. Ces genres de documents ne peuvent normalement pas être en possession ni des plaignants ni des avocats. Seul le juge d’instruction chargé de l’affaire est autorisé à les consulter.

Les agents de la DGDI ont également trouvé un agenda où sont notés les dates, heures et lieux de rencontre avec certains greffiers et magistrats du Parquet de Libreville. Ledit carnet renseigne aussi sur les montants reçus par ces derniers en échange de la liberté provisoire des détenus à la Prison centrale de Libreville.

Des sources proches de l’enquête indiquent qu’Alphonsine Ndembi Tchetchenigbo alias « Maman Alphonsine », ciblait les riches personnes poursuivies en Justice pour leur proposer ses services. Elle se présentait comme un conseiller à la présidence de la République. Son monde opératoire est simple. Elle fait changer d’avocats aux intéressés. Ces avocats sont remplacés par d’autres avocats avec qui elle a des « contrats ». Elle proposait ensuite de l’argent, des « promotions rapides » ou des pouvoirs mystiques aux magistrats et greffiers en charge des dossiers de ses « clients ». 

L’avis de la ministre de la  ustice Erlyne Antonella Ndembet est fortement désiré sur ce dossier. Il pourrait s’agir d’un des plus gros scandales de corruption démantelés au Gabon. Quelques années plus tôt, l’ancien ministre de la Justice Maître Francis N’kea avait publiquement dénoncé la présence de magistrats et greffiers corrompus dans le système judiciaire du pays. Il a été poussé à démissionner par le syndicat de la magistrature. La lutte contre la corruption est l’une des préoccupations majeures du chef d’État, Ali Bongo Ondimba.

Leave a reply