Les médias centrafricains doutent de la véracité des raisons officielles du renvoi des troupes gabonaises de la RCA

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Il y a 2 semaines, l’Organisation des Nations Unies a renvoyé les troupes gabonaises de la Minusca de la République centrafricaine. Pour cause, certains soldats gabonais sont accusés de faits d’exploitation et d’abus sexuels. Selon la majorité des journalistes centrafricaines, ce renvoi serait plutôt une « machination » voire un « règlement de comptes ».

Le 19 septembre dernier, le ministère gabonais de la Défense a instruit des enquêteurs pour élucider les accusations qui planent sur certains membres du contingent gabonais. Ces derniers sont accusés d’avoir exploité et abusé sexuellement cinq filles. Les enquêteurs se sont rendus dans les localités d’Alindao et Mobaye les 20, 21 et 22 septembre. Sur les lieux, ils ont évoqué le besoin de rencontrer les victimes.

Les médias centrafricains renseignent que les détectives n’ont pu recueillir aucun témoignage. Ils «se seraient heurtés à une fin de non-recevoir catégorique de la Minusca, de l’Unicef et des ONG qui auraient rapporté les faits à travers des enregistrements audio[qu’elles] détiennent et ne veulent pas communiquer ». C’est ce qu’indique le journal centrafricain L’Expansion dans sa parution de jeudi dernier. « Toutes les personnes représentant l’administration, rencontrées par la délégation gabonaise, à savoir les représentants des ONG, l’administration judiciaire et médicale, disent avoir été informées par voie médiatique et déclarent toutes n’avoir pas constaté ni entendu des plaignants au regard des allégations formulées », peut-on y lire. Le journal ne fait que citer des sources locales à Alindao et à Mobaye, apprend-on. Il faut noter que le journal L’Expansion est connu pour sa rigueur et son professionnalisme.

D’après la presse centrafricaine, certaines ONG sur place se seraient rendues involontairement complices d’une “manipulation”. Pour la classe politique centrafricaine, il s’agirait d’un règlement de comptes. Un règlement de comptes qui serait dus aux bonnes relations qu’entretiennent la Russie et le Gabon. L’ambition du Gabon d’adhérer au Commonwealth pourrait également être une cause.

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