Politique : l’opposition gabonaise se désolidarise de Jean Ping

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L’opposant gabonais Jean Ping était invité sur France 24 lundi dernier. Il y a fait une série de déclarations désobligeantes sur son pays. L’homme politique a invité à l’élaboration d’un « coup d’Etat » au Gabon. Il a même évoquer la possiblité d’une « guerre civile ». « Je suis en train de tracer la ligne à suivre, et mes partisans sont là. Je les vois tous les jours. Il suffit de claquer des doigts pour qu’ils avancent dans une direction ou dans une autre », a-t-il déclaré. Puis, très sûr de lui, il ajoute « il n’y aura pas d’élections [en 2023]. Nous accéderons au pouvoir avant, d’une manière ou d’une autre ». 

Jusqu’ici, le gouvernement gabonais n’a pas réagi face à ces affirmations. Toutefois, les principaux leaders de l’opposition ont essayé de désolidariser de l’homme. « On apparaît comme des extrémistes prêts à mettre le pays à feu à sang pour prendre le pouvoir alors que les vrais démocrates, c’est nous », clame un haut-cadre de l’Union nationale. « Il aurait mieux valu combattre Ali Bongo Ondimba en évoquant son bilan ; ça aurait été plus efficace », appuie un autre membre de l’opposition.

A travers ces propos « maladroits, au pire suicidaires », , l’ancien candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2016 cherche sans nul doute à retrouver sa place de leader de l’opposition. « C’est pour l’opposition un coup de poignard dans le dos. Comme si Jean Ping pratiquait la politique de la terre brûlée et nous disait : après moi le déluge », se plaint partisan du RPM.

En effet, Jean Ping avait disparu de la scène médiatique depuis plusieurs mois. Ces déclarations sont pour lui, une manière de se faire remarquer. « Pour Jean Ping, c’est une manière de dire aux autres leaders de l’opposition qu’il est encore là. Qu’il est encore au centre du jeu. Qu’il faut compter sur lui. Et qu’il a aussi encore un pouvoir de nuisance », explique un professeur en science politique de l’UOB.

À près d’un an des élections présidentielles de 2023, l’opposition gabonaise apparait donc plus fragile que jamais. 

 

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